Comme chaque arbre possède son port et sa croissance !
Le houx ne perd jamais ses feuilles, si fort que soufflent les rafales ; le hêtre tend ses mains ouvertes vers le ciel, et le bouleau flexible fouette le vent du fléau de ses branches !
Montant la garde, le long de l'eau, se dressent les troncs ététés des saules, dont un frais éventail
couronne toujours la tête.
Noyés dans l'herbe, les aulnes absorbent lentement l'eau du marécage.
J'admire le chêne aux fortes racines, qui s'élève seul, au-dessus du taillis, et qui, dans toute sa vigueur, dans toute sa beauté, semble l'empereur, le chef suprème, le pasteur des buissons chétifs, qui tremblent devant lui.
Je ne me lasse pas de regarder le feuillage d'ombre du tilleul.
Rien n'égale son parfum et le bourdonnement des abeilles affairées, est si doux, parmi ses feuilles et ses fleurs, que l'on croirait entendre jouer des harpes, le long des allées.
Vous les premiers, vous les derniers, dans l'année chaude, dans l'année froide, ô peupliers, hauts sont vos
troncs, hauts vos fuseaux, hautes vos cimes !
Sur votre dernière fourche, perche un couple d'oiseaux blancs et noirs, qui construissent en jacassant, leur demeure aérienne !
Et, près ou loin, cachés dans le frêne et l'églantier, dans l'aubépine et le sapin, dans les poiriers et
les cerisiers, dans l'orme et le platane, s'agite un pépiement d'oiseaux, préparant le gîte où nicheront leurs petits attendus !
Au fond du jardin trone le marronnier symbole de la continuité.
Cependant, au loin, comme des flèches dardées vers le ciel, les lignes des trembles témoignent que dans
l'air et dans la belle et grasse terre de notre Flandre, peuplée d'oiseaux, il est encore des arbres qui vivent.
Sauf lorsque certains gènent un riverain, lui donnant de l'ombre !
Et qu'il faut abattre !...
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