Joubarbe, qui pousse lentement tes profondes racines dans le chaume épais, tu
veilles sur les toits, tu protèges les humbles paysans.
Ils vivent sous ta garde, sans craindre le tonnerre: ils savent, que s'il
tombait sur leur toit humide, la maisonnée serait épargnée.
J'aime à voir le chat, caché derrière toi, à l'affût des oiseaux, j'aime à voir
sa fourrure se chauffer au soleil.
Lorsque, de toutes parts, la neige vierge te recouvre, c'est en vain qu'on te
chercherait : tu restes introuvable.
Il faudra longtemps, avant que le chaume dégoutte et que, sortie de ta retraite,
tu salues le vent tiède, qui fait ruisseler les toits.
Je me réjouis, quand les tempêtes de l'hiver s'éloignent enfin de toi, quand tu
te couvres des perles vertes et bleues de la rosée matinale.
Alors, passant devant toi, j'admire tes couleurs ravivées, je te salue et dis :
" Heureux ceux que tu abrites ! "
Oui, sous ton abri, demeurent une chaude cordialité, un sincère amour du
travail, un trésor que rien n'altère.
Humbles toits, maisons vénérables de la vieille et fidèle Flandre, vous
hébergez, sous votre pauvre chaume, l'âme flamande, la langue flamande.
Que, pendant des siècles encore, joubarbe, ta verdure blanchisse sous la neige
de l'hiver, et se fane au soleil d'été !
Ne disparais pas des chaumes de nos fermes ; ne laisse pas nos maisons exposées
au danger !
Reste-nous, pour chasser le lourd chariot du tonnerre, reste-nous pour chasser
l'éclair, reste-nous !
Et que partout où tu étends tes racines, nos maisons soient protégées.
Car tu es réputée pour protéger de la foudre.
Des phrases de Gezelle mêlées aux miennes...
Publié dans : Aimer la nature
Jeudi 1 octobre 2009
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Par Ederza -naturaimer
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