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article :25 décembre 2007
C'est une soirée de Décembre 1961 marquée dans mes souvenirs car elle fut belle toute en simplicité.
J'attendais mon premier enfant, la naissance prévue pour Mars, mon époux et moi logions dans une chambre, nichée sous les toits chez ma maman.
Nous nous entendions bien à trois, mon jeune frère étant au service militaire, mes grands frères éloignés pour leur travail, mon père nous ayant quitté en 1958, donc nous nous soutenions dans
chaque moment de l'existence.
Ce soir spécial nous sommes partis à Lille proche de la ville où nous habitions.
Je désirais surtout moi, voir les lumières, des gens, bref changer d'atmosphère, par la même occasion faire sortir ma maman qui à part sa petite rue ne bougeait jamais très loin, puis en ces
années là, pas de télé.
Donc nous voilà partis vers 18h pour l'aventure, bien couverts souriants, en tramway jusque la grande ville.
C'était magique la vue des magasins illuminés, les gens qui comme nous se promenaient, ceux qui couraient après le dernier
achat, l'odeur de marrons chauds montant dans l'air : " chauds les marrons chauds " s'égosillait le marchand, et ceux qui grelottant se dépèchaient de rentrer pour retrouver leur foyer, avec en
fond sonore les mélodies anciennes que diffusait un orgue de Barbarie, surtout du Tino Rossi qui enchantait ma maman.
Nous avons bien marché, déambulé, regardé au travers des vitres des restaurants où l'heure avançant, des tables étaient garnies.
Par curiosité je lisais les menus, leur prix, disant que jamais je ne pourrais aller dans des endroits pareils, pas envieuse seulement peinée surtout pour ma maman qui toute sa vie s'était
dépensée pour les siens.
Et passant devant un cinéma les yeux de ma mère se sont écarquillés brillants devant l'affiche : " Le Capitan ", elle adorait ce genre de film.
Cinéma fermé, de toute façon nous ne serions pas allés, nous nous sommes dits ...!
Nous avions l'argent mais il fallait finir le mois, donc pas de folie, et encore je pense que mon mari était prêt à y emmener sa belle-mère qu'il adorait...!
Après avoir déambulé, et bien nous sommes rentrés tout doucement à pieds, oui c'était loin, mais nous soutenant bras dessus bras dessous, nous racontant de petites histoires, la route fut
agréable malgré mon ventre arrondi !
Arrivés à la maison qu'avons-nous fait ?
Manger biensûr, oh ! pas de festin, des tartines beurrées, avec des frites, écoutant la radio qui diffusait des chants de fête, croyez-moi si vous voulez nous étions heureux.
La tendresse nous réunissait
ce 24 Décembre 1961
soir de réveillon de Noël.
Publié dans : Récits vécus et mes pensées.
Samedi 10 octobre 2009
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Par Ederza- Naturaimer
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