O Lys chérie, qu'est-ce qui te fâche ?
Qu'est-ce qui voile le clair azur du ciel réfléchi dans ton écrin
?
Qu'est-ce qui assombrit, hélas, sa voûte bleue, dans l'eau grise de tes rives
courroucées !
Je ne t'entendais plus, durant ces derniers jours.
On eût dit que tes vagues s'étaient endormies dans un brillant
miroir.
Et voilà que leurs larges dos crêtés rugissent et grondent, galopant l'un
derrière l'autre, le long de tes rives.
Jamais, ô Lys, escadrons empanachés de blanc ne chargèrent avec autant de
furie, que la foule des vagues aux crêtes blanches, chevauchant la plaine de tes eaux !
Il claque ; il clapote, l'eau frappe haut bateau et petite
barque.
Partout il danse, il chante, les vagues roulent, tournent, déferlent,
s'emplument d'écume, le vent triomphe !
O Nord, ferme tes enclos rageurs, coupe les ailes à ton méchant fils ; qu'il
s'arrête, de grâce !
Nous savons bien qu'il peut être roi, seigneur et maitre
!
Laisse-toi séduire par le soleil !
Que le vent tombe et que la paix renaîsse !
Alors, ô Lys, en été, quand le géant du Nord se taira, je me plairai de
nouveau à suivre tes rives ; et je me réjouirai de voir, au fond de tes eaux, le reflet verdoyant de tes calmes prairies.
Poème flamand
traduit
de Guido
Gezelle.
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Publié dans : Balades en Belgique
Mercredi 25 mars 2009
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12:00
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Par Ederza-Naturaimer
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