Partager l'article ! Son copain l'arbre.: ******************************************* Coïncidence avec cette histoire lue dans le livre de Pierre Bonte ...
Mots et
pensées pour panser des maux.
NATURAIMER
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Coïncidence avec cette histoire lue dans le livre de Pierre Bonte, que je vous résume ci-dessous.
Ce matin un bruit de tronçonneuse m'a fait sortir pour apercevoir un bel arbre scié à la base, s'écrouler dans la pelouse en face de la maison, et ça m'a fait mal oui, j'avoue, j'aimais bien le voir...
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Madame Alain est sculpteur sur bois à Aulnoy-sous-Laon dans l'Aisne dans l'atelier du père Boudin, restaurateur de meubles.
Pour elle le travail du bois est plus qu'un métier, c'est une religion.
Elle raconte, le bois c'est tout pour moi.
Par exemple en comparaison avec une autre femme, je ne sais comment vous dire ça, elle s'achètera peut-être un petit bijou, une paire de bas de soie ou des collants, etc... tandis que moi, regardez-moi, toujours en bleu, en chemise, si j'ai quatre sous, je cours acheter un outil ou un morceau de bois.
Pour moi le bois c'est un être vivant, il vit, on n'a pas le droit de l'abattre, de lui faire du mal, on n'a pas le droit de le scier, de le massacrer...
_ " Et pourtant vous l'utilisez ? "
_ "Oui pour le rendre mieux, pour faire de belles choses, parce qu'il me répond : " Toi au moins tu ne me saccages pas ".
Il y a dix ans que je suis sur le métier et je n'ai jamais laissé un bout de bois de côté, jamais.
Je connais le bois, je crois qu'il y a vingt sept sortes de chênes, sans prétention d'affirmer que j'en connais trois ou quatre.
C'est le chêne qui m'attire, et je crois que tous ceux qui travaillent dans le bois c'est pareil.
Je ne sais pas comment vous expliquer, quand j'ai trois planches de chêne de quatre mètres de long je suis riche.
Sans bois, si vous m'enlevez demain, après-demain mes outils plus de copeaux, plus de bois pour moi c'est fini.
J'ai un grand respect pour le père Boudin; mais le jour où il fait un cercueil, il ne sortira pas, ça je ne veux pas de cercueil dans la maison, pour moi c'est un sacrilège de mettre le bois sous terre.
Quand je meurs je veux être enterrée dans la pierre, mais surtout pas de bois, parce qu'il faut que le bois vive.
L'arbre vit, vous pouvez parler à un arbre.
Le matin je traverse la place que vous avez vue à Aulnoy-sous-Laon, y a plein d'arbres, n'est-ce pas autour ?
Bon, eh ben j'ai un arbre, c'est mon copain, je ne
passerai jamais à côté de lui sans lui dire :
_ "Salut mon vieux ! Tiens, encore ça qu'à r'poussé ".
_ " Et il vous répond cet arbre ? "
_ " Ah, mais évidemment, bien sûr qu'y me répond et il me dit même parfois :
_ " Moi on m'abattra pas. ".
D'ailleurs je crois, s'ils l'abattent, il faut qu'ils m'abattent aussi moi.
Histoire vécue vers 1975, racontée par Pierre Bonte, que j'ai résumée en écourtant des passages.
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A BIENTÔT