Ce jour je remonte cet article, n'ayant pu finir celui devant paraitre aujourd'hui sachant bien que ce n'est pas une obligation d'écrire chaque jour, mais c'est comme un devoir à faire pour partager.
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En lisant ce poème ci-dessous rempli de mots tragiques de souvenirs, d'espoirs, d'amour dans lequel Aragon évoque si bien ses sentiments d'émotion poignante, j'ai pensé à un baiser donné, ou échangé sous un lilas qu'interprète dans une chanson avec douceur Nilda Fernandez.
Cette vidéo oh je ne vous cache pas, m'a donné du fil à retordre, quatre fois recommencée à cause d'un bug, à croire que mon ordi était quimboisé hier soir, mais je suis tenace, et elle est enfin visible, j'espère que vous aimerez cette chanson.
Ainsi que le poème de Louis Aragon, bonne écoute, visionnage et lecture à vous qui
passez.
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Le baiser sous le lilas.
Nilda Fernandez.
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Les lilas et les roses.
O mois des floraisons mois des métamorphoses.
Mai qui fut sans nuage et Juin poignardé.
Je n'oublierai jamais les lilas ni les roses.
Ni ceux que le printemps dans ses plis a gardés.
Je n'oublierai jamais l'illusion tragique.
Le cortège les cris la foule et le soleil.
Les chars chargés d'amour les dons de la Belgique.
L'air qui tremble et ce bourdon d'abeilles.
Le triomphe imprudent qui prime la querelle.
Le sang que préfigure en carmin le baiser.
Et ceux qui vont mourir debout dans les tourelles.
Entourés de lilas par un peuple grisé.
Je n'oublierai jamais les jardins de la France.
Semblables aux missels des siècles disparus.
Ni le trouble des soirs l'énigme du silence.
Les roses tout le long du chemin parcouru.
Le démenti des fleurs au vent de la panique.
Aux soldats qui passaient sur l'aile de la peur.
Aux vélos délirants aux canons ironiques.
Au pitoyable accoutrement des faux campeurs.
Mais je ne sais pourquoi ce tourbillon d'images.
Me ramène toujours au même point d'arrêt.
A Sainte-Marthe.
Un général.
De noirs ramages.
Une villa normande au bord de la forêt.
Tout se tait.
L'ennemi dans l'ombre se repose.
On nous a dit ce soir que Paris s'est rendu.
Je n'oublierai jamais les lilas ni les roses.
Et ni les deux amours que nous avons perdus.
Bouquets du premier jour lilas lilas des Flandres.
Douceur de l'ombre dont la mort farde les joues.
Et vous bouquets de la retraite roses tendres.
Couleur de l'incendie au loin roses d'Anjou.
Aragon 1897-1982.
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Trois février
2012
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