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La légende que je vous conte ce jour est celle de sainte Elisabeth de Hongrie.
Un jour que cette dernière portait du pain à ses pauvres, en cachette, elle fut rencontrée par le roi son mari, qui voulut voir ce qu'elle cachait dans les plis de son manteau.
Lorsqu'elle l'ouvrit, pour lui montrer les pains qu'il renfermait, ceux-ci s'étaient changés en roses.
C'est en pensant à cette sainte femme, que le poète flamand Guido Gezelle, nomme une dame Elisabeth, en reconnaissance pour les fleurs dont elle orne ses fenêtres.
Et qu'il a écrit ce beau texte, traduit.
Chaste Elisabeth, noble dame, c'est vraiment une douce charité qui vous inspire, lorsque, durant les âpres tourmentes de l'hiver, au pire de l'année, vous ornez vos fenêtres de fleurs merveilleuses.
Je suis votre humble adorateur, j'ai soif, j'ai faim, je dois courir les routes, pauvre et méprisé; mes mains et mes pieds sont raidis, avant l'âge, par la gelée; mais vous, royale Elisabeth, vous m'offrez le réconfort de vos fleurs, comme un repas délicieux.
Oh ! Si je vous le demandais, vous apaiseriez ma soif et ma faim, vous attiédiriez l'air que je respire, et je serais votre hôte bien accueilli; mais je préfère à tous les dons, ces fleurs que vous me montrez là, généreuse Elisabeth !
Le miracle qui changea jadis en roses effeuillées l'aumône qu'une reine, épiée par son seigneur et roi, apportait à un mendiant, est désormais renversé :
C'est, Elisabeth, en ornant vos fenêtres de ces nobles fleurs, que vous me donnez à boire et à manger.
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