NATURAIMER.

  • : Naturaimer.
  • Naturaimer.
  • : Vie perso / Journal intime Photos Vidéos Balades Divers
  • : Amour Nature Photos Balades Récits Voyages Vidéos. Rédiger des textes vécus et actuels, écrire des poèmes. Partager les photos de régions et pays divers. Faire connaître le Nord-Pas-de-Calais, pour l'apprécier. Ce blog est un partage, amitié, amour, nature, voyages, anecdotes, humour, vidéos, musique, récits divers afin de s'évader du quotidien. Amour et respect des êtres et de la nature.
  • : 02/10/2006
  • Partager ce blog
  • Contact
  • Retour à la page d'accueil

AUTRE BLOG.

Hôtel Eden Palm. Guadeloupe.

Recommander

overblog

Syndication

  • Flux RSS des articles

 


****************************

Les années ont filé, après mon certificat d'études je suis entrée dans une école d'apprentissage disait-on, malgré le voeu de mon père qui voulait que j'aille dans un lycée afin d'être apte d'aller travailler dans un bureau qui avant était un grand honneur !

Mais n'ayant que treize ans et demi ma mère eut peur de me voir partir seule en tramway et de toutes façons je savais bien que celà aurait été très dur financièrement !

Donc j'appris la chimie et la physique ( horreur ) et tout ce qu'il fallait savoir faire !

En plus du français, de l'algèbre et tout le reste, j'ai appris à coudre et cuisiner, huit heures par jour...

Et les jeudi, samedi et dimanche après la messe, j'allais aider la dame de la boucherie, qui me rémunérait en victuailles et de nouveaux vêtements.

Deux ans passèrent et là ce fut le cataclysme car je dus partir en sanatorium au bord de la mer, à Camiers, étant souffrante de la colonne vertébrale et ce fut un déchirement de quitter mes parents et frères.

Arrivée à cet établissement conduite par mon père qui me disant au revoir retenait ses larmes, je crus être arrivée sur une autre planète.

On m'obligea à rester allongée sur un lit étroit recouvert d'une planche, pendant deux mois.

Celà reste en moi surréaliste, comme si c'était mon clône qui a vécu celà.

La nuit je me détachais pour marcher en cachette dans la pénombre des couloirs.

Je suivais des cours d'école primaire, du fait qu'il n'y avait qu'un instituteur.

Au bout de ce temps imposé j'ai pu rejoindre le préventorium où là je dormais dans un dortoir avec plusieurs filles qui étaient plus ou moins comme moi.

Là, j'ai des souvenirs mélangés de peine d'être loin des miens malgré le courrier reçu souvent de mes parents et grands frères exilés à l'étranger pour leur travail et de fous-rire entre filles et garçons lors des sorties en promenade bien en file, habillés tous identiques avec des capes noires de gros drap et de grosses chaussures.

En cet hiver 54 très froid nous avions du mettre des pantalons de garçons pour faire notre sortie obligatoire afin de respirer le bon air iodé dans les dunes et nous jouïons autour du blockauss devant l'étendue infinie de la mer du Nord.

Ce Noël là passé en préventorium a été mi-joyeux, mi-triste.

J'eus droit à un petit colis composé d'une orange et de bonbons  donné aux déshérités par un journal régional.

C'était plutôt une honte pour moi qui au fond  du coeur meurtri était fière car on peut être de moyen modeste, honnête et fière.

Chaque semaine la directrice distribuait des sortes d'images et petits rubans récompensant les bons élèves dont je faisais partie, normal puisque les autres n'avaient pas eu la chance d'aller en classe comme moi du fait de leur plus longue maladie.

Mais une fichue semaine je n'eus droit qu'à des remontrances partagées par d'autres copines car nous avions été perturbantes, la nuit ayant faim avions été en catimini au réfectoire partager nos victuailles reçues par colis, même des choses que j'ai gardées en horreur !

Du paté et  des sardines à jeun la nuit c'est impensable mais  la faim fait fi des goûts !

Puis un midi je fus appelée pour une visite et là quand j'ai vu mon père les sanglots ont éclaté !

Pauvre homme qui avait mangé des tartines dans le train en guise de repas et dépensé son maigre argent de poche gagné en vendant des billets de loterie nationale pour payer le déplacement.

Et quand l'heure de nous quitter se profila je m'accrochais à sa manche, là il me regarda de son regard aux yeux bleus délavés et prit la décision de me sortir de cet endroit.

La directrice tempêta mais rien n'y fit.

Nous avons pris le train mon père serrant ma main tel un trésor  pour rentrer chez nous.

Quand j'ai toqué à la porte de la maison pour surprendre ma mère, mon coeur battait la chamade !

Au début ma maman  eut un recul et gourmanda mon père disant que c'était une folie, puis elle me prit dans ses bras en me serrant très fort et ce que j'étais bien, en manque depuis six mois d'elle et de baisers et câlins maternels.

Une semaine plus tard je repris le chemin du centre d'apprentissage où à seize ans et demi je passais le C.A.P, et pendant les vacances scolaires passant devant une usine d'imprimerie me promenant avec mon jeune frère, une affiche d'embauche m'attira et me présentant je fus engagée !

Rentrée à la maison ma mère mise au courant cria au grand dam que c'était exclu devant continuer des études et le matin fatidique où je devais travaillais elle m'empêcha d'y aller mais je tins bon et le jour suivant après maintes explications avec le patron et mes parents j'ai travaillé dans cette imprimerie neuf heures par jour, une pause d'une demi-heure le midi où je mangeais le repas préparé la veille par ma mère et mis dans une gamelle réchauffée sur la cuisinière de la conciergerie.

Je suis restée près de huit mois et suis partie travailler dans un atelier de confection jusque l'âge de vingt trois ans ans à peu près.

Entre temps il y eut des chagrins qui restent ancrés, au profond de mon être, qui sortiront un jour peut-être dans des mots pour guérir des maux accumulés.

Des désespoirs, des maladies...des deuils...etc...

Mais surtout la mort de mon cher papa un après midi gris d'automne.

Il était alité depuis un long moment et ma mère lui montait ses maigres repas, ne pouvant à peine avaler, ayant un cancer de la gorge, en plus de ses poumons rongés par les gaz reçus pendant la guerre, il n'avait plus la force, ni l'envie de se nourrir, et ce jour fatidique le 13 novembre 1958 à 14 h il a tapé sur le plancher de sa chambre, nous sommes montées en cavalcade pour le voir se recoucher doucement, se mettre en chien de fusil nous regardant tristement. 

Ma mère et moi redescendimes chercher du secours comme pour faire reculer cette faucheuse qui venait chez nous, et quand je suis remontée dans cette chambre ce fut pour recueillir le dernier souffle de mon cher papa qui jamais plus ne me regarderait tendrement de ses yeux bleus délavés, ceux ci étant fermés pour toujours !

Suivit une longue période de tristesse et d'amertume.

Puis peu à peu la route a continué pour ma mère, mon jeune frère et moi toujours en manque de mon père !

A l'âge d'à peu près vingt ans je suis tombée en dépression, ayant accumulé trop de chagrins enfouis au fond de moi et suis partie un mois et demi en Haute Savoie, j'en suis revenue revigorée et repris mon travail,  je connus mon mari, à l'âge de vingt et un ans et demi après bien des péripéties dignes de roman-feuilleton.

J'ai construit mon existence de femme et de maman.

Et le temps a défilé très vite, trop vite passé, j'ai été heureuse,  souvent malheureuse avec des désespoirs, eu de graves maladies, de nombreuses opérations.

L'espoir a toujours guidé mes pas, même dans la grande désespérance où parfois j'avais envie de baisser les bras, de m'asseoir en attente d'un quelconque miracle !...

Mais sur ce long chemin j'ai eu la chance d'avoir eu et encore un mari courageux et bon père de famille, cinq enfants à élever,  à aimer surtout car aimer c'est primordial, éduquer, tâche pas évidente, j'ai essuyé beaucoup de larmes lors des deuils, pertes de frères  dans des conditions dramatiques noyade et accident de voiture tous deux à l'âge de trente huit ans, et de ma mère, vingt deux ans après mon père, qui toujours me manquent malgré la tendresse reçue de la famille fondée qui m'entoure et me témoigne de l'affection de diverses façons !

Le cercle s'est agrandi en famille et amis  renforçant la tendresse car même si nous sommes tous dispersés l'entente en  amour tendresse  solidarité existe et c'est fabuleux.



 Le chemin de la vie continue

mais les souvenirs

le hantent toujours !

alsace-13-jpg.jpg

**************************************

article remonté



Publié dans : Récits vécus et mes pensées.
Mardi 15 avril 2014 2 15 /04 /Avr /2014 23:00

Par Naturaimer - Merci pour les commentaires... - Un commentaire peut-être ?

Profil

  • Naturaimer.
  • Naturaimer.
  • Femme
  • Nature Photos Vidéos Balades Récits
  • Amour Photos Nature. Je réside dans le Nord de la France j'ai une passion pour les livres l'écriture la nature les balades la photographie les vidéos pour le partage en ce blog. J'aime mes proches, ma région que je défends où que je sois.

Ecrire Votre Recherche...

ALAIN MORISOD

JEAN FERRAT

CHARLES DUMONT.

GEORGES BRASSENS.

Hôtel Eden Palm. Guadeloupe.

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés