Les fontaines du ciel en gerbes de nuages
Le tapis des canaux dans leur eau verte et noire
Et les rues suspendues au détour des mirages
L'attende de l'aube dans les chemins du soir
*********
Les maisons décrochées qui plient dessus les têtes
Comme des nids tombés d'un abri éphémère
Et l'espoir envolé d'une impossible fête
Dans les pas à jamais perdus dans le désert
*********
Les boussoles brisées par des mains malhabiles
Dans les bruits sans musique et les lumières pâles
Et l'appel de la mer dans le port immobile
Chute désenchantée des passants sans étoile
*********
Les jardins et les fleurs dans les marques du temps
L'horloge qui gémit dans l'espace barré
Et la course qui cesse au musée de Vincent
Les corbeaux dans le champ d'une toile figée.
*********
texte d'Alain Bentolila
*********
