Un poème lu dans la Petite anthologie de la poésie française que je vous écris si vous désirez le lire.
Ce poème parmi d'autres de Robert Desnos dont André Breton a signé des lignes affirmant que c'était peut-être celui qui s'est approché le plus de la vérité surréaliste...
**************************
Demain
***
Agé de cent mille ans j'aurais encor la force
De t'attendre ô demain pressenti par l'espoir
Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses
Peut gémir le matin est neuf, neuf est le soir.
************
Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille
Nous veillons nous gardons la lumière et le feu
Nous parlons à voix basse et nous tendons l'oreille
A maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.
************
Or du fond de la nuit nous témoignons encore
De la splendeur du jour et de tous ses présents
Si nous ne dormons pas c'est pour guetter l'aurore
Qui prouvera qu'enfin nous vivons au présent.
Robert Desnos 1942
***********
**********************************
Robert Desnos né à Paris en 1900, publie en dehors de toute école, de tout dogmatisme une oeuvre riche et originale.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le résistant qu'il est devenu est arrêté par la Gestapo, déporté à Buchenwald.
Il meurt le vendredi 1945 au camp de concentration de Terezin.
*******************************