
Dans la poitrine, Hélène a un mal qui la ronge.
Pourquoi ne peut-elle arrêter de penser à ses deux enfants qui ne se soucient pas d'elle !
Elle a la tête pleine de souvenirs, leur naissance, leurs premiers pas, les nuits blanches, leurs premiers mots !...
Eux ne seront pas là, pour entendre les siens qui seront les derniers !
Le temps passe sans aucune nouvelle d'eux.
Le temps passe et trépasse...
Pourtant pense-t-elle, je n'ai rien dit, je n'ai rien fait pour démériter à leurs yeux !
Ils ont c'est vrai, dit-elle, leur vie familiale c'est un fait, mais je suis aussi une partie de cette vie de famille !
Alors Hélène parle seule en murmurant :
_" Souffrance, ô arrête toi ! "
Parfois elle croit avoir rêvé cette vie d'avant, est-ce elle qui a élevé, soigné, nourri, écouté et surtout aimé, ces êtres venus d'elle, et qui ce jour oublient.
A force de trop réfléchir, Hélène a la tête qui tourne et a des absences depuis peu .
Elle a peur.
Elle ne veut pas perdre la faculté de penser, de parler, d'écouter les autres !
Et de lire, d'écrire aussi, car elle aime cela !
Hélène veut vivre encore par elle même.
Elle prie que le Seigneur l'aide à supporter cette séparation d'avec ceux qui l'ignorent.
Et dit :
_ " S'ils pouvaient comprendre combien ils me manquent ! "
Hélène termine toujours sa phrase en disant :
_" Protégez-les, je les aime tant, et qu'ils soient heureux !..."
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