
Emotion que celle, de ressortir du fond d'une armoire, bien rangés, roulés, intacts, des diplomes datant de soixante ans !
Il y en a une dizaine, n'ayez crainte je n'en expose qu'un exemplaire.
Oui car à l'école privée nous avions des distinctions dès l'âge de six ans.
Hûmer ces grands rectangles de papier parcheminé, les toucher, fait remonter des souvenirs émouvants, refaire le chemin parcouru, passé enfoui, où petite fille et adolescente j'ai reçu ces diplomes avec des mentions qui d'un coup me donnent un peu de fierté !
Mes parents étaient ravis quand le samedi je rentrais à la maison où sur le tablier d'écolière était épinglée une insigne colorée signifiant la bonne notation, et lorsque je sortais du petit cartable le diplome mon père avait les yeux perlés de larmes, lui qui arrêta l'école pour travailler à l'âge de onze ans.
C'est étrange, tout ce temps écoulé, sans m'occuper d'eux, remisés, bien à l'abri.
A part une fois ou deux ils ont été montrés aux enfants et remis au placard comme punis.
Aucune tache, les années ne les ont pas altérés.
Mais que vont-ils devenir ?
Après mon passage sur terre, où iront-ils ?
Quelles mains les tiendront, et en prendront soin ?
Finiront-ils au feu leur existence qui est le reflet de mes années d'école, d'études appliquées.
Ce serait dommage qu'ils soient perdus ou jetés !
C'est comme si une partie de moi partait.
Et puis, non, peut-être est-ce mieux ; car vivre avec des reliques n'est pas toujours salutaire.
Sinon, les habitations seraient des sanctuaires.
Et l'avenir doit être fait de souvenirs de mémoire, et non de vieilleries encombrantes !
Mars 2007