Pourquoi vais-je toujours dans mes boîtes de souvenirs, fouiner, regarder, relire, farfouiller ?
Oui je le sais, je cherche des clichés et des morceaux de papier griffonnés mis de côté.
Et ce jour, en voyant la photo de cette belle petite fille à l'âge de dix ans à peu près avec son papa en médaillon, me sont revenus en mémoire, des faits tragiques.
Car Irène, si tu avais vécu, tu aurais dans les soixante quinze ans et nous serions peut-être proches étant cousines germaines.
Le destin en a décidé autrement d'une horrible façon.
Ta maman, ma tante, soeur de mon père, avait donné cette photo à ma mère qui me l'a transmise sachant que j'aimais déjà les belles prises de vues et les anciens clichés.
Je l'ai toujours gardée, moi qui ai peu de souvenirs tangibles de toi.
Oui, tu aurais eu un long et beau chemin à parcourir, douée que tu étais pour le violon.
Si, pendant la guerre, une bombe n'était pas tombée sur ta maison tuant ta maman et toi, ensevelies sous les décombres.
Quand mon oncle, ton papa est revenu de la guerre, il n'a pas retrouvé sa maison, ni sa femme et sa fille chéries !
Fou de douleur il devint croyant et espèrant tant vous revoir, se retrouvant seul après ces années passées si loin au combat, puis fait prisonnier, avec l'espoir au coeur de retrouver son foyer.
Voilà Irène, tu es restée pour moi, l'image d'une jolie petite fille jouant du violon, trop tôt partie ainsi que ta maman qui t'a accompagnée dans ce voyage éternel.
Ton papa a continué longtemps son chemin seul et a reconstruit un foyer, mais dans son coeur, toi et sa première épouse ont toujours été présentes.
écrit janvier2007