*********** Histoire que je conseille aux personnes délicates de lire après le repas.
Ceci est une histoire vraie, racontée en anecdote, par Maurice Coutot généalogiste.
C'est assez spécial !
Cette histoire que j'ai lue dans un livre sur les héritages je viens vous la conter, afin de la partager.
Ce récit fait émerger de ma mémoire une anecdote qui se situe en 1945, raconte Maurice Coutot.
Quelques années plus tôt, j'avais retrouvé à Chicago des héritiers américains d'origine germanique recueillant pour partie la succession d'un lointain cousin, vieux célibataire mort à Nice où il achevait sa vie devenue solitaire par la disparition de tous ses proches.
Mes clients d'outre-Atlantique qui, au terme de mes soins, avaient reçu quelques dizaines de milliers de dollars, se rappelèrent à mon bon souvenir en me priant de les fixer si possible sur ce qu'il était advenu d'une cousine demeurée en Allemagne avec ses jeunes enfants, une dame dont ils me donnèrent les dernières coordonnées.
Elle avait survécu à la tourmente, et je pus leur donner l'adresse où elle vivait à Berlin dans un immeuble à moitié démoli par les bombardements, et dans le plus grand dénuement.
Le ravitaillement restait des plus précaires, et la faim ne cessait guère de tenaillait les estomacs.
Les cousins de Chicago, émus par cette misère, décidèrent d'envoyer des colis pour remédier à la carence alimentaire.
C'est ainsi que grâce à la Croix-Rouge américaine, une grosse caisse parvint un beau jour au domicile de madame......
Son ouverture fut une fête, et des cris de joie saluèrent l'apparition des plaques de chocolat et de multiples boites de conserves.
Bien que consommées avec économie, après le festin du premier jour, les provisions s'épuisèrent peu à peu, et quand le dernier jambon eut été englouti il ne restait plus dans la caisse qu'un bocal rempli de de petits granulés blancs, et portant l'étiquette G.M.
La famille s'interrogea sur son contenu sans pouvoir l'identifier.
Finalement on décida qu'il devait s'agir de quelque potage américain, et l'on en fit une soupe après avoir broyé les grains et ajouté poivre et sel.
Ce plat fut jugé assez médiocre et suscita quelques plaisanteries sur les goûts parfois bizarres des américains.
Huit jours après arriva la lettre annonçant le colis.
Son cheminement avait été beaucoup plus long que celui de la caisse confiée à la Croix-Rouge.
De chacun la lettre donnait des nouvelles.
Elle faisait part notamment de la mort de leur commune grand-mère emportée un an plus tôt par une embolie.
Le paragraphe qui suivait provoqua surprise, accablement et remords :
_ Grand-mère avait souhaité être incinérée, et nous croyons répondre à son voeu le plus cher en vous envoyant l'urne funéraire contenant ses cendres pour que vous puissiez la placer dans le tombeau familial où repose déjà notre grand-père.
Puissent les jeunes affamés qui dévorèrent inconsciemment les restes de leur aïeule avoir participé à l'héritage de ses vertus, comme l'escomptaient certaines tribus d' Afrique en mangeant religieusement les organes nobles de leurs ancêtres !...
3 octobre 2009
Je vous offre ces fleurs pour vous remercier de continuer les visites sur mon blog, je n'ai pas pu ce jour faire un nouvel article, donc j'ai remonté celui ci-dessus.
A bientôt