en 1950
Nous disons tous que tout change, d'abord nous, qui vieillissons dans la logique du cheminement, tant bien que mal.
Les maisons changent aussi, et j'en ai fait l'expérience il y a quelques années.
Ayant vécu dans les années cinquante, dans la très jolie demeure de ma belle-soeur, en Bourgogne le souvenir est resté ancré comme très beau...
Cet endroit ayant appartenu au roi Henri IV du temps de ses chasses, d'ailleurs il avait gardé le nom " Maison du Roy", je voulais revoir cette demeure ainsi que les parcs et jardin où j'avais passé deux années formidables pour une petite fille de la ville.
Mais quand je suis arrivée devant cet endroit qui dans la tête êtait resté idyllique, je fus désappointée, déçue, et ne reconnaissais rien, trente ans plus tard.
La propriétaire, charmante dame me voyant regarder au loin au dessus des murs, sur cette route déserte, m'a gentiment fait entrer quand j'eus fini de lui dire la raison de ce presque pélérinage.
A l'intérieur, plus de meubles anciens fleurant bon l'encaustique, ni le piano où ma belle-soeur s'évertuait à vouloir m'apprendre ce qu' elle enseignait, plus de poutres apparentes, bref plus de restes d'enfance !
A l'extérieur plus de potager, ni de verger où lorsque je partais à l'école passant sous le cerisier j'attrapais en grimpant sur l'échelle laissée sur le tronc, des petits fruits, meileurs en petit chapardage.
La maison est jolie, mais ce n'est plus mon passé, c'est le présent et l'avenir qui le remplacent.
Nous ne devrions pas retourner sur nos pas, il faut garder ses beaux souvenirs enfouis, comme un rêve.
mai 1982