Dès lors, s'efforçant de garantir à ces cérémonies un retentissement certain tout en évitant au personnel administratif des mairies et aux membres des fanfares communales de venir travailler lorsque les autres se reposent, on a pris l'habitude de se rendre aux monuments aux morts la veille du jour officiel !
Voilà la méthode pour honorer la mémoire de " nos Anciens ", celles et ceux qui " sont morts pour la France " ou " tombés aux champs d'honneur ", pour préserver les libertés individuelles.
A l'heure où toutes les personnalités s'attachent au devoir de mémoire, et veulent maintenir le lien Armées-Nation, quel doit être le rôle du militaire et de l' élu ?
S'obstiner à célèbrer les armistices à la date prévue, quitte à se retrouver seuls devant le monument aux morts ?
Pérenniser cette nouvelle mode de la cérémonie anticipée ?
A quand l'idée de dissoudre les fédérations d' anciens combattants ?
A quand celle de supprimer ces monuments funéraires, éloges du glorieux et douloureux passé ?
Et si l'on renonçait à la commémoration de l'armistice de 14/18 à la mort du dernier poilu ?
Courage ils ne sont plus que deux...
Dire que tous ces hommes ont souffert, sont revenus malades, sont morts de suites de guerre, d'autres sont morts sur le champ d'honneur, ou dans les tranchées.
Mon père est parti près de six ans à la guerre, dans les tranchées à Verdun et aux Dardanelles et j' ai toujours gravé au fond de moi son regard bleu délavé, triste, il nous a quitté à l'âge de soixante ans rongé par ce gaz ypérite dont il fut malade toute sa vie et j'avais dix huit ans lorsque je l'ai vu partir là-haut pour toujours.
Alors : Oui gardons le devoir de mémoire pour tous.
