Ce matin comme chaque mardi c'est le jour du marché hebdomadaire, dans la ville où je réside.
Quand je dis " ville " c'est vite dit, car c'est plutôt un grand village qui fut très prospère au milieu du vingtième siècle lorsque je regarde les photos anciennes.
Beaucoup d'agriculteurs, des usines de production de céréales diverses, des élevages de gallinacés, des magasins de spiritueux, de fruits et légumes, de vêtements, chaussures, jouets, quincaillerie, bref tout ce que dans une maison est utile.
Lors de notre emménagement il y a des dizaines d'années il y avait encore beaucoup de petits commerces très intéressants, très pratiques près de chez soi afin d'éviter de courir à plusieurs kms, à la grande ville.
Des écoles, et plus tard des collèges se sont ouverts, celà nous était très favorable.
Mais maintenant que croyez-vous qu'il y ait encore ?
Deux grandes surfaces se sont implantées, les écoles et collèges sont encore là, encore heureux !
Et des cafés où les gens peuvent encore discuter, faute de le faire chez les petits commerçants obligés de fermer boutique, soit à cause de manque de clientèle, soit c'est logique l' âge de prendre leur retraite.
Ah ! Oui j'oublie nous avons deux salles de sport, une autre immense en construction, une salle des fêtes, une autre salle à je ne sais quoi !
Et j'en reviens donc à ce matin jour de l'achat de mes magazines, surtout Nous Deux, et bien oui, on peut aimer les grands auteurs, les livres instructifs et lire ce magazine que j'achète par habitude depuis des années, disons, depuis très longtemps !
Je ne le lis jamais complètement, ça ne fait rien, il fait le bonheur d' autres personnes plus tard.
Et bien non, ce soir comme d'habitude bien calée au lit, je ne lirai pas la suite du feuilleton, la vie du docteur Dancourt, car pas de bouquin, plus de maison de la presse, porte close devant les acheteurs habituels, pas de journaux, voilà le magasin est fermé, et cherche repreneur.
Quelle ville peut survivre ainsi sans librairie, sans magasin de fringues, sans magasins de paccotilles, sans tout ce qui fait le charme de se promener en faisant du lèche-vitines, et bien pas celle où je vis, soyons juste quand même il y a des médecins, des pharmacies et le complexe de plusieurs magasins et cinémas est à 25 kms, mais toutes les personnes ne peuvent se déplacer, tiens et si je me recyclais en marchande de livres et articles de presse ?
Ah ! Je ne peux pas ! Trop tard pour moi !
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