Suite à mon article d'hier soir au sujet de la dame habitant près de chez moi, très malade avec ce crabe maudit, j' ai décidé de venir parler du parcours d'une rescapée.
En 1995, comme chaque mois ou tous les deux mois actuellement, je vais chez le médecin pour la consultation afin de renouveler l'ordonnance habituelle.
Et discutant de diverses choses, il me parle des tests à faire plus tard pour certaines maladies.
Sans penser à une phrase de choc, je lui dis que j'ai un frère décédé en 1990 d'un cancer des intestins, qui s'est généralisé.
De ce fait là il me dit de faire une coloscopie, d'abord que je lui non, et lui insiste, il faut vous avouer que j'ai un docteur très sociable et social, mais tenace, un peu je me disputais avec lui !
Donc il prend rendez-vous lui même, et début mai 1995 je passe une coloscopie, et à mon réveil de l'anesthésie, ayant été endormie plus longuement que prévu, le gastro-entérologue m'apprend qu'il a prélevé des polypes partis au labo.
Rentrée à la maison, le cours de mon existence a repris son habitude.
Mais je me rappellerai toute ma vie le 18 mai 1995 le docteur est venu sonné à la porte à l'heure du midi, nous étions éberlués mon mari et moi ne l'ayant pas appelé :
_ " Vous devez faire des prises de sang supplémentaires parce que...heu... c'est litigieux " m' apprend-t-il !
Il n'a pas voulu être payé de sa visite, lorsqu'il est parti nous avons délaissé le repas, anéantis que nous étions et là mon mari m'a dit :
_" Nous sommes deux à nous épauler " !
J'avais des polypes carcinoïdes importants qui, s'ils n'avaient pas été décelés entrainent un cancer très propagé.
Les examens se sont succédés, une coloscopie tous les six mois pendant deux ans et une tous les ans et puis une autre trois ans après et une cinq ans plus tard, en tout jusque maintenant huit coloscopies et trois endoscopies de l'estomac.
A ma dernière coloscopie en 2006, le gastro souriait levant son pouce en l'air comme une victoire. Depuis des décennies ce spécialiste et moi pouvons nous rencontrer n'importe où, et c'est la bise directement.
Pendant ces années j'ai vécu en occultant ce qui pouvait se passer à l'intérieur de moi.
Mais grâce à ces examens et la pugnacité de mon médecin et de mon spécialiste je suis là, pour voir, entendre et aimer encore les miens, bien que dès fois je sois une véritable casse-pieds, si,si !...
Si j'écris celà, car c'est rare que j'en parle, c'est pour expliquer que lorsque dans une famille il y a des antécédents il faut passer les examens même si ça vous rechigne.
La dame dont je parlais hier n'a malheureusement jamais voulu faire cette prévention, ayant eu sa mère décédée à 42 ans de la même maladie qu'elle subit.
Prévention équivaut à une avancée sur le devenir
septembre 2007.