Je devrais écrire cet article en rose, ou une couleur plus gaie, car le titre de cet article est celui que j'ai sur la correspondance mise dans la messagerie du site des " cops d'avant ".
Hier soir avant de fermer l'ordi, par curiosité je jette un oeil par hasard...si, il faut y croire, et sur ma fiche là où se trouve la messagerie deux petits clignotants rouges m'interpellent, malgré la promesse d'éteindre l'écran, j'ouvre ce message, et là c'est une joie qui m'envahit au vu du nom et prénom.
Puis la phrase d'en tête : " Quel bonheur ", et ce qui suivent comme mots plus qu'élogieux envers moi, j'en suis restée ébahie, puis vraiment heureuse car ces phrases écrites par la maitre-nageuse que j'apprécie énormément de par sa douceur, sa patience, et son sourire jamais abandonné, si une fois, mais justifié à cause d'une enquiquineuse.
Pendant cinq ans, chaque lundi nous nous sommes rencontrées, pour les cours d'aqua-dos, je dis aqua-dos et plus, car il y avait de la bonne humeur, et une entente parfaite.
Je l'ai connu d'abord lors de mon séjour en hôpital de rééducation en Août 2000, où devant aller à la piscine j'étais stressée, ayant horreur de me mettre en maillot de bains devant tout le monde, et c'est elle qui m'a mise à l'aise, me mettant en confiance, m'a montré tous les mouvements en cas de tomber à l'eau par inadvertance, j'avais une entière confiance en elle, car même pour me faire mettre la tête entièrement dans l'eau il faut oser, moi qui ai horreur d'être décoiffée...!
Elle venait un peu plus tôt pour que je puisse faire la traversée de la piscine très longue, et le jour où je me suis retrouvée à l'autre bout, j'ai pleuré de joie, ne croyant pas possible " cet exploit ".
C'est une femme exceptionnelle en sociabilité et humanité.
Nous étions une équipe de dix personnes avec nos problèmes de douleurs, de maux divers, mais les rires étaient présents, Dominique oui il faut la nommer étant toujours là à portée de nous, pour expliquer, apprendre, dire un mot de réconfort, nous booster quand la fatigue arrivait.
Puis lorsque j'ai quitté l'établissement, sachant qu'elle donnait des cours d'aqua-dos, j'y suis allée parce que c'était " elle " Dominique, 30kms chaque lundi soir, mais ce que j'étais bien en rentrant.
Quand elle a arrêté ces cours, cause personnelle, je n'y suis plus allée, ce n'aurait plus été pareil.
La dernière fois où je l'ai vue, c'est un soir d'octobre 2006, à la sortie d'un restaurant j'ai entendu courir, m'appelant d'une voix douce, elle m'avait aperçu dehors, d'où elle était prenant un pot avec son mari, et je me rappelle toujours de son geste, me regardant, elle me caressa le visage d'une main comme protectrice, jamais je n'ai oublié, ce sont les circonstances du parcours qui font les séparations, elle a son métier, sa famille, puis le temps file...
Donc au lu de ces phrases gentilles à mon sujet, je lui dis : " Merci ", et je m'apprête à lui répondre un message pour ne plus couper ce fil de séparation.
Et je dis comme elle pour finir : " Vive internet ! "