Cela fait longtemps oui, en cette année 1972 le temps n'était pas si chaud en ce vingt neuf juillet jour où je suis partie de la petite ville de l'Aisne près de Laon en prévision de donner naissance à mon cinquième enfant qui je voulais vienne au monde dans la même clinique que les quatre précédents nés à Lille.
Non il ne faisait pas chaud en ce samedi car je me rappelle avoir une robe de grossesse en fin lainage bleue marine, par contre lors de mon retour à la maison le huit août il faisait une chaleur à mourir !
Quand je repense à ce caprice ( oh ! j'ai dit " caprice " ) non ce n'en était pas un, j'avais une confiance absolue en cette clinique et les médecins et sage-femmes, mais c'est un fait que c'était vraiment une petite folie de faire tant de route.
Mon jeune frère décédé maintenant trop tôt et ma belle-soeur nous ont hébergé les enfants et moi jusque la dâte de la naissance prévue pour le douze août, mais mon " petit " dernier est arrivé dix jours avant.
Vraiment formidable d'avoir une famille ainsi, de nous avoir logés dans un tout petit logement, ayant mis des matelas pour coucher les petits, car oui ils se suivent près en âge !
Mon mari étant reparti le dimanche pour son travail.
La patience d'entendre des rires, des pleurs, l'attention envers moi, m'évitant un surcroît de travail, mon frère et ma belle-soeur ont assumées gentiment.
Le jour du deux août c'est mon jeune frère qui me conduisit à la clinique pour éventuellement passer une petite visite, m'y laissa et quand il revint trois heures plus tard, je me rappellerais toujours son regard bleu étonné de voir dans une chambre où on m'avait bien installée, à côté de moi dans un petit lit le joli poupon qui le fixait déjà de ses yeux couleur de mer.
Le deuxième garçon de la fratrie de cinq beaux enfants que nous avons essayé mon mari et moi de rendre heureux, de les mener sur leur route, en continuant le chemin de la vie.

