************************************* Cinquante deux années sont passées, c'est un long parcours au bout duquel je ne pensais pas être encore de ce monde.
Le 13 novembre 1958 quand agenouillée près de ton lit je t'ai tendrement regardé, toi tu fermais tes yeux bleus délavés pour la dernière fois.
Et quand j'ai hurlé ma douleur, te prenant la main encore tiède mais qui jamais plus ne se fermerait sur la mienne, j'ai cru que mon coeur s'arrêtait avec le tien.
Le parcours sans toi n'était pas envisageable, tu étais si heureux d'avoir une fille parmi la fratrie de huit enfants dont deux manquaient déjà.
Comme tu étais fier le jour de ma communion solennelle me tenant la main pour m'accompagner à la messe.
Tu n'as pas eu le bonheur de me conduire à l'autel le jour de mon mariage quatre ans après ton départ là-haut.
Tu sais, avec mon mari que tu n'as pas connu, tu aurais été choyé comme maman le fut.
Tu aurais adoré tes petits enfants comme tu as aimé tes enfants.
Jamais ce 13 novembre fatidique où la faucheuse est venue dans ta chambre je n'eus imaginé continuer ce parcours de mon chemin de vie.
Il fut jalonné, vois-tu papa, de nombreuses souffrances, huit deuils après toi, un chemin avec de grandes douleurs, puis des sentiers semés de joies, des petits bonheurs glanés jour après jour.
Mais dans mon coeur ta place est toujours là, rien que de penser à toi je ferme les yeux afin que les larmes y perlant ne tombent pas, car peut-on comprendre qu'à mon âge je souffre encore de cette absence, tu es et restes à jamais mon papa idéal, trop tôt parti.
Tu n'as pas eu de jeunesse dorée puisqu'elle fut donnée à la Patrie...
Oui même à l'hiver de ma vie tu me manques toujours...
*************** Cet article remonté car ce jour est spécialement gravé dans mon coeur, que m'importe qu'aujourd'hui ce soit un vendredi 13 novembre 2009, je ne crois pas à ces choses là, je ne critique pas non plus les personnes ayant foi d'avoir une chance porte-bonheur.
Le jour où mon père partit là-haut c'était un mardi 13 novembre 1958 à 14h et chaque année qu'il fasse beau ou qu'il pleuve, j'ai froid de son manque de chaleur.
Alors voyez-vous vendredi 13 ou mardi ou samedi comme aujourd'hui en 2010, pour moi c'est la même chose, c'est un jour triste mauvais souvenir enfoui dans le coeur.
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13 novembre 2008
13 novembre 2009
13 novembre 2010
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En 1950 mon neveu Alain
et mon papa si heureux
avec son premier petit fils en Côte d'Or.
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