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Une page ajoutée au grand livre que je vous donne à lire si vous le désirez.
Une page tournée tristement par le départ de la belle maison entourée de l'immense jardin qu'entourait le bois où j'allais faire des promenades avec les enfants, ceux-ci gambadant en riant, chantonnant, heureux lors de la découverte de fleurs sauvages qui sont comme des petits trésors cachés à l'abri.
Dans ce bois les enfants y allaient avec leurs camarades, dans les années soixante dix, on n'entendait pas les dérives actuelles.
Puis le jour douloureux est arrivé avec le camion de déménagement, ne pouvant plus vivoter avec l'usine fermée ce fut le retour dans le Nord.
Je me revois faire mes adieux à cette maison aux parquets cirés, les larges fenêtres donnant sur une étendue verdoyante.
L'infirmière qui pendant des mois m'avait soignée était venue m'étreindre mêlant ses larmes aux miennes d'un au revoir possible plus tard.
Les enfants étaient désespérés de quitter ce foyer, leur école et les compagnons de classe et de jeux.
Mais contre le chômage et le manque à gagner amenant les privations, le choix ne fut pas anodin, la raison l'emportait sur l'attachement à ce joli coin de l'Aisne.
Arrivant dans l'appartement situé au quatrième étage sans ascenceur d'une ville en région dunkerquoise ce fut très pénible pour mes petits d'être enfermés tels des animaux privés de liberté.
Pendant des heures la nuit je suis restée debout derrière la fenêtre le regard fixant ces flammes sortant des torchères de l'aciérie qui illuminaient le ciel et l'environnement.
Je pensais à mon mari faisant les postes, les trois huit disait-on, travail pénible complètement autre que l'ancien qu'il avait.
Des flammes rouges, jaunes, emportant des poussières aux alentours, pailletant le linge mis à sècher, ah ces grandes lèchettes de feu qui me faisaient peur, me replongeant en pensées dans la nature belle et sauvage.
J'ai eu très souvent des moments de désespoir, en voyant et écoutant les enfants de leur mal-être dans ce contexte.
Ce qui nous fit le plus grand bien furent les balades le long de la plage, et les baignades à la digue située à deux kms.
Même l'hiver nous y allions, respirant à plein poumons le grand air de cette étendue délaissée par grand froid et qui ne nous faisait pas peur.
Le grand immeuble où nous logions les yeux apercevaient au loin les usines d'où jour et nuit les fumées embrûmaient encore plus le ciel gris du mois de mars mois de l'emménagement.
Quand au bout de plus d'un an nous eûmes une maison presqu'à la campagne, nous avons retrouvé plus de joie surtout les enfants qui commençaient à dépérir n'est pas le mot, non plutôt déprimer perdant même l'envie d'aller en classe eux qui l'adoraient dans l'Aisne parcourant chaque jour quatre fois deux kms huit cents à pieds avec le sourire été comme hiver.
Maintenant je me dis que ça forge un caractère et donne de l'endurance pour une belle avancée dans le chemin de vie.
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