J'ai passé près de toi, bien des heures charmantes, et jamais aucune ne m'a causé de peine.
J'ai cueilli bien des fleurs pour toi, je te les ai données, et comme une abeille, avec toi, j'en ai bu le miel !
Mais de toutes ces heures passées avec toi, aucune ne m'a été si bonne, tant qu'elle a duré, aucune ne m'a été si triste, au moment du départ, que celle où,près de toi, ce soir-là , je t'ai dit et tu m'as dit ce que savent nos âmes.
Et de toutes les fleurs choisies, cueillies par toi, aucune ne m'a paru plus belle, que celle qui, ce soir-là brillait sur toi et que tu m'avais donnée.
Bien que, pour moi comme pour toi, qui allègera cette peine ?
Une heure passée près de moi, près de toi, n'est bientôt plus une heure ; bien que pour moi, bien que pour toi, cette rose exquise et tendre, cette rose qui vient de toi, cesse bientôt d'être une rose, pourtant je te le dis, mon coeur conservera toujours à moins qu'il ne périsse :
Trois précieuses images :
Toi ce Soir et cette Rose !
2 février 2007
traduit d'un texte de Guido Gezelle 1803