Lundi, reprise des classes dans certaines régions, alors un peu de lecture.
Monsieur Benès, instituteur en retraite à Dax est un observateur lucide et amusé des moeurs locales.
Pour lui, le Landais, c'est d'abord un monsieur qui porte un béret.
_ Le béret, une fois qu'il l'a mis sur sa tête le Landais ne le quitte plus.
Et si je parle d'autrefois, le maestre, le patron, lorsqu'il se mettait à table, il ne sortait pas son béret.
Il le gardait sur la tête même en mangeant.
Le béret traduit même un état d'âme chez le Landais.
Quand il est content, il le met un peu en avant et en pointe; quand il est un peu coquin, quand il veut faire le jeune homme, il le met un peu de travers.
Quand on a un certain âge, on garde le béret sur la tête parce qu'on n'a plus de cheveux, ça vous cache.
Vous le tirez un peu en avant et de la main gauche vous le réhaussez, cela vous donne un air fanfaron, et vous avez l'impression lorsque vous avez le béret mis de cette façon, que vous allez marcher beaucoup plus vite.
Il nous sert aussi de parapluie lors de mauvais temps, ou pour corriger un enfant.
Je parle des vieux grands-pères, lorsque l'enfant de cinq à six ans ne veut pas obéir, il sort son béret et lui en donne un coup, le béret atteint son but ou non.
Le grand-père remet son béret et le petit revient pour lui donner un baiser, c'est une façon de se faire pardonner.
Une autre de nos coutumes, c'est de faire chabro après avoir mangé la soupe.
Vous prenez une assiette à calotte, qui est une assiette creuse d'autrefois.
Vous laissez votre cuiller dans l'assiette, vous y avez déjà un peu de bouillon que vous avez abandonné, vous versez alors jusqu'à la hauteur de la cuiller, du vin rouge ou du vin blanc.
Cela n'a pas d'importance.
Ensuite, vous levez l'assiette à calotte, vous posez les deux coudes sur la table, vous avalez cela, c'est quelque chose de délicieux.
Une fois que vous avez avalé, si vous avez des moustaches, délicatement, avec les quatre doigts de la main droite et les quatre doigts de la main gauche, vous lissez votre moustache.
Si vous n'avez pas de moustache, vous êtes poli, vous sortez votre serviette que vous aviez mise autour du cou, pour ne pas salir la cravate, et vous tapotez délicatement sous le nez.
Et si vous êtes un bon Landais, à ce moment-là vous éprouvez un plaisir que personne ne peut éprouver s'il ne fait pas le chabro.
Vous éprouvez un plaisir formidable et vous dites tout de suite : " Lou temps que se adoucit ", c'est à dire que le temps, s'il est froid, devient beaucoup plus doux.
Et s'il pleut, il pleut bien moins dès que vous avez mangé une bonne garbure et fait un excellent chabro.
Après avoir écrit cette histoire vécue tirée du livre de Pierre Bonte datant des années 1975, j'avoue n'avoir plus faim, ni soif, heu...si donnez-moi un bon café expresso pur arabica...!
En écrivant la coutume du béret, j'ai repensé à un de mes petits fils résidant dans le Béarn, dont j'ai fait un article, lorsqu'il est allé à l'Elysée...
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A BIENTÔT