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Je viens par cet article un peu long à écrire et à lire aussi, vous offrir de la lecture, pendant un instant, pour un plaisir partagé.
Monsieur Amat, ancien mineur du bassin de Decazeville vit entre son chien et ses papiers dans une maisonnette sans électricité s'éclairant à la lampe à pétrole et à la bougie.
Ses plaisirs, écrire des poèmes et se promener dans la campagne aride qui environne le village de Gages dans l'Aveyron.
Vous avez deviné que je vous résume une histoire vécue en 1975 racontée par Pierre Bonte, dont ces phrases remplies de saveur et de simplicité...
_ Que faites-vous de vos journées ?
_ Dès que je me lève ?
Ben, je bois un coup de pinard, une chique dans le coin de la gueule, je bigle le temps qu'il fait, et je vais faire une virée de par le causse.
C'est que le causse...la vie dans le causse est attrayante et belle.
Je vais pièger des blaireaux, des renards.
Ce coin ah si je le connais !
Gamin, j'allais y ramasser des grillons.
Plus tard j'ai fait un peu d'alpinisme sur les rochers à deux mètres cinquante, trois mètres faut pas abuser, ensuite, y m'est arrivé..., enfin..., rien...
Derrière les rochers avec quelques copines, là, de faire la belote...
Quand je pense aux bêtises que j'ai faites...!
A l'une d'entre elles je lui ai écrit, bof, pour elle ce furent des amours ancillaires, je lui ai écrit ceci :
" Ah, l'exquise folie d'accepter l'aumône.
Du plus tendre baiser et d'une anémone.
Même si je dois souffrir
pleurer à tout jamais.
La douceur d'un beau soir
et celle que j'aimais...."
A quoi bon ? C'est trop tard....
Lorsque tout est fini.
Quand se meurt notre beau rêve....
Vous la connaissez cette goualante ?
Pourquoi pleurer les jours enfuis.
Regretter les beaux songes partis...
Tout n'est que poésie, tout n'est que charme...?
Venez au printemps vers le mois de février, mars, lorsque les merles commencent à nicher.
Tout n'est que poème et les merles le chantent.
Tout chante dans la nature, même les sauterelles, les grillons, les merles, les rossignols y chantent pour indiquer que ce coin leur appartient, que c'est leur possession.
_ Et vous pensez monsieur Amat que n'importe qui peut comprendre, peut entendre ?
_ Oui mais il ne faut pas être trop pressé.
Vous autres les jeunes vous êtes pressés de vivre...
Pour moi la chose est différente.
Le temps passe devant vous, vous ne vous en apercevez pas des tableaux qu'il y a en face de vous.
Voyez-vous, il ne faut pas de voiture, il ne faut pas de charroi, il faut dormir tranquille, il faut rêver tant qu'on peut...
_Pourquoi ?
_ Parce que les actes nous abrutissent...
_Il faut rêver ?
_ Oui il faut s'appartenir à soi-même.
J'aime les gens qui vont piano, piano, pianissimo, et qui savent où ils mettent les pieds.
Vous voyez, un couple d'amoureux qui va chercher des violettes en bordure d'un pré ou d'un champ, j'aime ça.
C'est joli !
L'amour pur, véritable !
Pas deux minutes trente de bonheur, non, ça c'est zéro !
Aimez les autres autant que vous voudriez être aimé vous-même.
Tout simplement, servez-les dans le même sens, et vous serez heureux !
_ Mais seul, vous ne vous ennuyez pas ?
_ Non, je ne m'ennuie jamais parce que je rêve à ce que pourraient être les gens s'ils étaient meilleurs.
Bientôt, je vais aller faire un tour derrière la cabane pointue, là-bas, prendre un petit logement où je ne serai pas trop ennuyé par le bruit des voitures.et je resterai tranquille, je laisserai les blaireaux, les genettes, les poèmes et tout le reste...
_Cela ne vous fait pas peur ?
_ De mourir ?
Lorsqu'on a accompli sa vie, la chose importe peu.
Savoir bien vivre, aimer et mourir...
C'est tout.
Et bien que puis-je ajouter à ces phrases ?
Rien, c'est émouvant, réel, c'est une belle histoire vécue qui j'espère ne vous aura pas déçus, ni lassés, vous qui passez sur ce blog, et que je remercie.
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