Jack Defer.
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Celui-ci bien connu dans la région Nord-Pas-de-Calais et d'autres contrées est parti là-haut ce 29 décembre 2010.
La presse a fait un grand éloge hier et ce jour de ce grand de la musique dont je vous écris quelques extraits.
Jacques Defer, musicien originaire d'Armentières et très connu dans la région, est décédé hier à l'âge de 75 ans. Saxophoniste d'exception et pianiste, il fut un des cofondateurs des Capenoules, il a aussi dirigé un célèbre orchestre de bal dans les années soixante et soixante-dix, l'école de musique d'Armentières, l'orchestre régional de jazz (qu'il avait fondé) et l'Harmonie du Commerce d'Armentières
Jacques Defer était un extraordinaire musicien, saxophoniste qui tutoyait les étoiles, pianiste autant à l'aise dans un standard de jazz que dans une valse de Chopin.
_ " Ton père est le meilleur saxophoniste que j'aie jamais connu ", dit de lui un jour Pierre Perret, en s'adressant à son fils Jean-Jacques, disquaire à Armentières.
Et il sait de quoi il parle, puisqu'il fréquenta, en même temps que l'Armentiérois, au début des années 50, les cours du grand saxophoniste Marcel Mule, au conservatoire de Paris.
Hier matin, Jean-Jacques, son fils, nous disait toute l'admiration que lui inspirait son papa.
Admiration teintée de la tendresse amusée et de la complicité qui fait dire à un fils de son père :
_ C'était un éternel gamin.
Ce qui était sidérant, c'est que le lundi, il pouvait jouer au piano avec le corps de ballet de l'Opéra de Lille que le mardi, il faisait l'inauguration d'une brasserie avec son orchestre que le lendemain, il pouvait faire le pitre avec ses copains des Capenoules et Raoul et que, en fin de semaine, il dirigeait l'Orchestre régional de jazz.
D'où vient ce talent hors du commun ?
Des gènes, peut-être.
Car Jacques Defer est né en 1935 à Houplines, près d'Armentières, dans une famille déjà célèbre dans le monde de la musique.
Son grand-père Arthur qui a une rue à son nom à Armentières et son père Fernand étaient tous deux, déjà, musiciens de renom et dirigeaient orchestres et écoles de musique.
Tout petit, donc, Jacques Defer souffle dans un saxophone alto, celui de son père.
Il aurait bien voulu devenir footballeur mais c'est le conservatoire de Paris et non le LOSC dont il est un éternel supporteur, qui l'accueille.
Avec ses premiers prix de piano et de saxo en poche, il commence une carrière remarquable par sa diversité.
Il joue pendant plusieurs années dans l'orchestre de la Garde républicaine à la même époque, la nuit, il croise Sydney Bechet, Francis Lai ou Michel Legrand.
C'est à son retour dans son Nord natal, au début des années 60, qu'il se fait connaître ici.
D'abord en créant, avec Robert Lefebvre et les frères Célie, la bande des Capenoules qui sera rejointe un peu plus tard par Raoul de Godewaersvelde.
Puis en animant pendant une bonne dizaine d'années les tournées de La Voix du Nord, avec son orchestre de bal.
Après ce que son fils Jean-Jacques appelle ses années de folie, Jacques Defer passe le flambeau de son orchestre à son rejeton et prend la direction de l'école de musique d'Armentières et celle de l'harmonie du Commerce.
Jacques Defer a reçu, durant sa longue carrière, de nombreuses récompenses.
Celle qui l'a le plus touché, c'est son « appoggiature d'or » que lui ont remise, en 2000, Georges Jouvin et André Verchuren.
Une récompense que, dans la région, seuls lui et Stéphane Kubiak ont obtenue.
Pour certains, il est à jamais un des joyeux drilles cofondateurs des Capenoules.
Pour d'autres il fut, avec son orchestre, l'ordonnateur des grands bals de la région dans les années 60 et 70.
Sans crier gare, l'homme aux Capenoules a dit au-revoir.
Jack Defer, le « sax », le ch'ti « paillard et sans chichi », l'élégant musicien hors pair s'est finalement tu.
On se dit que là-haut l'homme ne doit pas être seul.
On l'imagine même dans un flobart aux côtés de Raoul de Godewarsvelde.
Adieu l'artiste et voilà sans doute ce que lui aurait chanté le grand Raoul :
_ " Toi qu'es parti comme un grand malhonnête.
On n'a plus rien que l'bourdon dans la tête.
Ça fait beaucoup d'orphelins à la fois.
Y'a pas idée de filer à l'anglaise.
On a chanté nos chansons tous ensemble.
On a fini par boire à ta santé.
À la santé de ceux qui te ressemblent.
En espérant qu'il nous en est resté."
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