Je viens quelques instants, depuis mardi dernier, jour du dernier article.
Oh ! Ce n'est pas l'abandon de mon blog, car je lis ce jour les statistiques des articles lus, le nombre de visites, ça donne du moral qui j'avoue était plutôt bas.
Ça n'est pas ma nature de me laisser envahir par un ras le bol, j'ai beau penser comme mes proches le disent, que j'ai subi d'autres souffrances, physiques, morales, le long du parcours et bien oui que c'est une autre ajoutée, mais celle-ci arrive presque à la fin de ce parcours justement, à un âge où on a envie, le besoin d'être bien, le mieux possible, potable quoi, rien de plus...!
Jeudi 14 février au matin partie à la polyclinique, allongée en ambulance, où le plâtre fut enlevé, puis contrôle radio, en plus de fracture du tibia on détecte fracture du péroné, avis du chirurgien replâtrage m'assénant que normalement c'est six semaines environ pour une consolidation, et insiste-t-il j'ai échappé à l'opération avec vis etc...
J'étais anéantie, bon je sais, il y a pire, y a pas mort d'homme comme m'a murmuré en m'embrassant Véro la gentille secrétaire connue toute gamine, et qu'est-ce six ou huit semaines dans une vie m'a dit Del une de mes filles, je réponds beaucoup, arrivée à ce stade justement de la vie !
Les enfants loin, certains petits enfants, nièce, neveu, amis, m'ont soit écrit, téléphoné, avec dans les mots de l'humour pour me faire sourire, prendre le mal en patience.
Sur le lit médical installé devant la bibliothèque où les nombreux livres s'empilent sur les étagères depuis des décennies, je pourrais écrire avec certains titres, des phrases alignées telle une litanie :
_Destins _AdieuVolodia _Jeanne _Avoir été _Il est plus tard que tu le penses _La déchirure _ Il reviendra _Qui j'ose aimer _La maison Kouraguine _Les trois quarts du temps _La vie sans lui _La disgrâce _Mais moi je vous aimais _Histoires d'héritages _et tant d'autres oeuvres littéraires lues qui dorment nichées dans ce meuble...
Inactive, les pensées trottent, le regard revisite la pièce dans laquelle je me trouve, détectant des choses qui semblent maintenant dérisoires, voire ringardes, tiens ce vase, pourquoi est-il posé là, c'est moche, et ces bibelots à entretenir inutiles, bon oui, les bougies à la rigueur ça sert, mon Dieu les vitres à travers lesquelles le soleil narquois fait ressortir les gouttes laissées par la pluie qui s'en fiche de les avoir salies...
Il faut positiver, je ne suis pas seule dans la maison, mon mari assume ce qu'il peut, le nécessaire, ce n'est pas évident, question d'organisation, horaires, rites robotisés, les courses, le ménage, me trimballer sur le petit fauteuil roulant dans la maison, slalom à travers les pièces, faire les repas, lessives, préparer mes affaires de toilette et vêtements etc...j'avoue que pour lui c'est une fatigue que j'aurais aimé lui éviter, gourde que je suis d'être tombée, et j'ai beau essayer dans la tête, de repasser le film à l'envers, c'est impossible, il est réel, l'espoir étant pourvu que, oui pourvu que le sept mars le plâtre soit retiré !
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