Ce titre aurait pu s'intituler :
_" La femme du Nord " car beaucoup d'épouses dont le mari partait travailler très tôt avaient les mêmes habitudes, travaux ménagers, corvées diverses, étant donné que ce mot corvées avait une réelle signification dans les années où aucun appareil n'existait pour allèger les taches ménagères combien dures et nombreuses dans une maison.
Dans le Nord les maisons sont astiquées, le sol lavé chaque jour, j'ai le souvenir d'avoir entendu des phrases à mon encontre :
_ Chez toi on peut manger par terre, ou celle-ci, on pourrait rouler sur le sol une motte de beurre, et je sais ce que tu auras dans ta tombe, un balai et une wassingue...mouais... ! "etc...
Les temps ont changé, la propreté est restée, mais la casse-pieds reine du nettoyage a délaissé ses accessoires, sans pour cela négliger le principal et l'hygiène, de maniaque je suis devenue vivable !
Revenons au texte écrit en 1974 à peu près, par Louis Lengrand mineur du Nord :
_ " La femme du mineur "_
Dont je vous fais un résumé.
Ma femme se levait à quatre heures du matin, elle préparait le café et m'en apportait une tasse.
Elle disait doucement : " Il est l'heure ", pour ne pas réveiller les gosses.
Elle préparait la musette, je prenais deux tartines, du café, l'embrassait et je partais.
Pour un mineur de fond c'est toujours la femme qui apporte le café.
Vous auriez pu faire le tour des maisons du coron dans le Nord à cinq heures du matin, c'est toujours la femme qui vous aurait ouvert la porte.
En général elle ne se recouche plus, elle lave la maison.
Après les gosses se lèvent.
Et le soir, quand l'homme est couché, ainsi que les enfants, sa journée à elle n'est pas finie, elle remet des pièces aux pantalons, elle raccommode...
Les maisons des mineurs sont les plus propres du monde.
C'est toujours sale et c'est toujours propre...!
Dans le pays minier il y a de la poussière, la femme du mineur lave sa maison tous les jours.
On faisait le ruisseau, c'est à dire qu'elle nettoyait le ruisseau devant sa maison, et sitôt fini, elle frappait à la fenêtre de sa voisine qui lavait le ruisseau devant chez elle et frappait à son tour chez la voisine.
Un garde des Houillères passait pour voir si le ruisseau était fait.
S'il ne l'était pas il frappait au carreau de la maison concernée.
Il punissait celles qui ne lavaient pas ce ruisseau en criant très fort " Ruisseau ! "La femme du mineur lave tous les jours les planchers, les carreaux, car il y a de la poussière partout.Parfois je disais à ma femme :
_" Laisse-donc, demain ce sera la même chose " _ " Ah non ! ".
Laver, rapiécer c'était sa vie de tous les jours.
Maintenant, je ne pense pas que les jeunes rapiècent encore ...( Et que non mon bon monsieur, c'est pas plus mal ).
A suivre si vous voulez bien !
********************************
********************************