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Un peu de lecture avec l'histoire vécue lue dans le livre de Pierre Bonte que je vous résume.
Après avoir été pendant vingt sept ans le facteur du village de Rigney " Doubs " mademoiselle Gisèle Vivot vit seule avec son chat Zébulon dans une petite maison de bois au lieu-dit Les Alouettes, en bordure de la forêt où son père était bûcheron.
Sa principale occupation est l'entretien du cimetière communal qui grâce à ses soins a la réputation d'être le plus fleuri et le plus beau du département.
_ Je suis heureuse ici, c'est le calme, c'est la paix, pour moi ici c'est le paradis.
Au printemps, toute l'année y fait bon, quand vous voyez les belles moissons, les beaux champs de maïs, les vaches, on entend les clochettes, ah, c'est beau.
Si, si c'est mieux que le vacarme de vos autos dans les villes, on peut pas faire un pas sans risquer de se faire écraser.
Y fait pas chaud hein ?
Je vais allumer le feu, vous en ville vous n'avez plus le bonheur d'allumer le feu avec du bois, de voir pétiller le feu dans le fourneau.
Cest agréable, c'est une compagnie, y'a la bouillotte qui chante sur le fourneau, c'est une bonne chaleur, tandis qu'avec votre fuel...
Zébulon, Zébulon !
Alors là, voyez not' chat, y sait bien pourquoi qu'y vient...
Zébulon y'veut boire son lait, not' petit chat.
Comme c'est agréable de voir la flamme, hein ?
Y'a qu'en Franche-Comté qu'on voit ça.
Ah ! la nature c'est tout, on dit : le silence, mais on l'écoute le silence, il vous parle.
Vous savez, j'suis fatiguée le soir, mais j'm'en vais sur la citerne parce qu'il y a du ciment, pis je r'garde le ciel, pis j'écoute, pis alors je pense, je pense, pis je r'garde l'infini et vraiment devant l'infini du ciel, des astres, de toute cette beauté-là je reste confondue, j'ne sais plus quoi dire.
Regardez voir si le soleil ne revenait plus !
S'y avait pus de d'jour tout d'un coup !
Le jour n'a jamais failli, y'se pointe à son heure, y'se couche.
Je vis dans le silence, parfois je vais dans le cimetière, j'suis avec mes morts, je pense, et pis ça m'empêche pas de discuter, puis d'rigoler, pis y'a des gens qui viennent me voir, et pis on rigole un bon coup.
Vous savez les morts, hein s'y pouvaient r'venir, ben, y nous diraient : " Ecoutez, ne pleurez pas les morts, vivez heureux, aimez-vous les uns les autres..."
Voilà, ah ah, comme moi, quand je déguerpirai, ah, ah, ah, vous savez pas, hein ?
J'ai demandé à Notre-Seigneur, j'voudrais jamais mourir.
Vous savez pas pourquoi ?
Parce que je me dis quand je regarde les Alouettes, ça s'appelle les Alouettes ici, je regarde c'est tellement beau, mes horizons, je les aime...
Alors, je me dis, tu vois quand tu seras plus là, est-ce que tu crois que les autres y vont les voir comme tu les vois ?
Dire qu'un jour tu vas t'en aller, tu vas être dans la terre, oh, ben ça, ça ne me plaît pas.
Oh, oh, oh, mais pour le moment, on est bien au chaud près du fourneau, on boit une bonne tisane, on est détendus.
C'est ça que le monde ne connaît plus, le vrai bonheur.
Je voudrais comme ce soir que nous voilà près du feu dans le calme, au milieu de la nature, détendus, que tout le monde le goûte comme nous.
Et pis qu'il sache.
C'est ça le vrai bonheur.
Il est simple !
Je rajoute ceci, oui mademoiselle Vivot vous aviez raison, je ne peux qu'approuver votre façon de vivre et de penser, et j'ose espèrer que là où vous reposez dans ce cimetière, le soleil vous fait un clin d'oeil de connivence...
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