Les pensées affluent en cette fin d'année où les fêtes approchant donnent plus de blues que de joies pour de nombreuses personnes. Je revoyais celles passées il y a des décennies en famille, puis plus tard avec des amis très proches et quand j'allais rendre visite aux personnes à la maison de retraite où j'amenais un rayon de clarté du monde extérieur.
Je n'y suis plus allée ces temps-ci, car je n'aurais apporté que du négatif, mais pour la nouvelle année j'irais revoir ces lieux où tant de souvenirs sont restés.
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Trois avril 2007
Cet après midi, je suis allée comme chaque semaine, à la résidence des personnes agées.
Il m'arrive d'y aller deux fois par semaine, ça dépend des moments de besoin.
Vous vous rappelez, je vous en ai parlé dans un article, et bien j'ai passé deux heures à papoter !
Etant arrivée vers 13h40, les résidants sortaient à peine de la salle à manger, et mon amie, ce jour m'a reconnue difficilement.
C'est vrai que sans mes lunettes cela change la physiomonie même la Directrice sur le coup, me regardait et me voyant sourire de son côté, s'est avancée, me disant qu'il lui semblait bien me connaitre, car elle ne voit pas beaucoup de monde !
Cela dit, malgré les réticences de mon amie qui préfère de plus en plus se retirer dans son appartement je suis allée avec elle dans la pièce qui sert de salon avec de jolies tables rondes, de jolis fauteuils et d'autres dames se sont mises avec nous.
Et nous voila parties à deviser, sur les villes où nous sommes nées et paf, nous étions trois lilloises, et de surcroît une dame veuve, dont j'avais connu son mari quand j'étais petite fille et jusqu'à son mariage.
C'était un copain de mon frère ainé, donc je le rencontrais souvent.
On s'est remémoré les commerçants, les noms de personnes de la rue où j'habitais, et ces dames qui étaient presque amorphes à mon arrivée, étaient rajeunies, ragaillardies.
Nous n'avons pas vu les heures passer.
Mon amie a raconté le temps où elle jouait du piano et qu'elle allait se promener le long de la plage, puis son séjour étant jeune fille au Maroc, son mariage là-bas avec son beau militaire.
La femme d'un médecin résidante aussi, connaissait celui qui tenait la clinique à Lille où mes enfants sont nés.
Ce que nous étions en pays de connaissance toutes, avec des années de différence.
Une dame par contre native d'où est cette résidence, a vécu cinquante ans à Lille et me dit, vouloir aller revoir cette ville qui pour elle est la sienne.
Elle me confie qu'elle trouvera bien un petit hôtel pour aller en vacances huit jours, pour retrouver le marché de Wazemmes, elle a près de 88 ans mais saura se débrouiller affirme-t-elle.
C'est beau le rêve à tout âge, continuer d'avancer sans désespérance.
Dois-je vous dire, que cet après midi fut pour moi un moment privilégié ?
Voir la lueur de joie et de lucidité dans les yeux de ces personnes m'a aussi apporté du baume au coeur.
Je me suis sentie utile, et ce soir je suis bien, je le confie à ce blog, à vous !