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Sarah a la mémoire qui flanche de plus en plus, mais dans son cahier, les lignes noircies la ramènent un peu à la réalité, au temps où elle les a écrites, les relisant pour s'en imprègner et n'avoir aucun remords le jour du grand départ, mais avant cela, son vieux confident sera brûlé, oui, elle va le détruire, en faire un grand feu, pour effacer ce qui a été trop souvent douloureux.
Son cahier est caché, même parfois Sarah ne se souvient plus où il peut bien être.
Là, elle relit un texte rédigé, il y a longtemps, si long ce temps qu'elle l'avait oublié.
Absence.
Les mois défilent... quarante déjà !
Je ne compte plus à présent ;
préfèrant croire que le jour viendra
Trop tard, où le regard déclinant
Et la mémoire perdue à jamais ,
Aucun petit enfant, je ne reconnaitrai
L'un d'eux dira " qui est cette vieille "?
Tu répondras " ma mère peut-être " !
Car je fus ta mère avec ses veilles
Ses grandes joies et ses détresses
Ses attentes, ses désillusions d'être
Avant d' être vieille en une jeunesse
Et que te dire de plus ? "Pardon " !
D'avoir été la mère à qui et dont ;
Tu reprochas les non-dits !...
Et malgré tes propos incongrus
Jamais n'ai regretté de t'avoir eue
Je t'aimais telle, je t'aime ainsi
Princesse perdue, amour méconnu
Perdus aussi les moments vécus,
Dans les beaux souvenirs de fratrie
On ne renie pas les siens, pas ainsi
Car l'avenir, du passé héritera...
Dans tes pensées, il te hantera.
Une mère je le suis pour la vie :
Car pour moi, égalité en fratrie !