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Un épisode du chemin de vie de Sarah raconté ce jour, souvent abordé dans les réunions familiales.
Le mari de Sarah a reçu l'acceptation au poste de gardien de prison dans l'Est et pour celà il faut donc quitter le Nord où elle est née et a vécu jusque cette date de mai 1962.
C'est avec tristesse qu'elle va quitter sa famille qui lui conseille plutôt de laisser partir son mari seul au début pour installer le logis et le rejoindre plus tard avec leur petite fille de deux mois.
Mais Sarah têtue, mariée depuis à peine un an ne démord pas et décide donc de le suivre.
A la gare de Lille, c'est vrai que les jeunes parents et leur bébé étaient tristounets avec leurs valises, le peu de meubles devant arriver par la suite.
Ah !.. oui, une belle suite, car arrivés dans la ville d'affectation du mari, aucun logement n'était prévu comme promis, alors ils ont erré dans les rues, cherché un endroit pour se restaurer.
Sarah prit la décision d'aller chez son frère en Alsace en attendant que la situation se débloque.
Sarah est restée avec sa petite fille pendant huit jours dans ce village alsacien où elle fut choyée par sa belle-soeur et son frère et, les nièces et neveux s'occupaient avec elle du bébé si sage, sauf la nuit où certainement elle ressentait le manque du papa.
Comme Sarah en avait marre d'attendre et franchement s'ennuyait malgré la gentillesse de sa famille, elle prit d'un coup la décision de partir rejoindre son mari.
Son frère ne put rien faire pour l'en dissuader et la conduisit à la gare de Strasbourg où valise et bébé-fille dans les bras elle prit le train, laissant sur le quai son frère éberlué et très inquiet. Arrivée à destination dans cette gare froide, grise de cette ville de l'Est où elle croisait des regards curieux peu amènes, quand elle vit son mari, la joie l'envahit et tout le reste du monde ne comptait plus, trois êtres étaient réunis.
Mais ce bonheur fut de courte durée quand Sarah annonça qu'elle ne désirait pas voir son mari faire ce métier, surtout dans les conditions très risquées en ces années de fin d'une guerre tragique et douloureuse.
Pas de logement, elle fut donc hébergée à la prison où elle resta deux jours et deux nuits dormant sur un lit étroit et son bébé sa petite poule, dans une sorte de couffin d'appoint, buvant des biberons de lait à peine tiède, se lavant ainsi que le bébé à l'eau froide ramenée dans des brocs par les gardiens, le pire étant l'habillement de la petite, car en ce temps là les couches à jeter n'existaient pas.
Sarah devait demander la permission de sortir de ce grand bâtiment où les prisonniers criaient sans cesse, le gardien ouvrait alors la lourde porte donnant sur une rue moche, où elle errait et avait envie de pleurer comme une gosse.
La petite famille a repris le chemin de fer rejoignant le Nord, car malgré l'offre d'emploi aussi de son frère, Sarah la tête de mule a voulu retourner chez elle, chez eux.
Souvent Sarah est mise " en boite " par de gentilles personnes lui disant qu'elle a deux fois " briser la carrière de son mari " .
Et oui, elle n'a pas accepté une première fois qu'il reste dans l'armée et n'a pas voulu le voir la deuxième fois habillé en uniforme de chiourme.
Capricieuse comme souvent une de ses belle-soeurs la nomme gentiment.
Non, ce mot là n'est pas exact, Sarah répond :
_ " Il ne devait pas m'écouter et faire selon son désir ".
Mais le désir du mari de Sarah était le bonheur de sa femme.
Pourtant, souvent elle y repense, se demandant ce qu'aurait été sa vie si..., puis se dit qu'ils ont été heureux avec leurs enfants et continuent d'y être, d'une autre façon, chacun respectant l'autre dans le quotidien.
Les aléas, les chagrins, les joies font partie du chemin de la vie.
Si ce jour, le bébé devenu une belle jeune femme visite le blog, Sarah lui dit qu'elle n'a pas souffert de ce séjour en cellule, car elle a été dorlotée par ses parents et surtout bien surveillée !
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article remonté par demande.