On le sait depuis Pascal : " Le coeur a ses raisons que la raison ne connait pas ". Mais sans doute le génial auteur des " Pensées " n'avait-il jamais imaginé que son célèbre aphorisme, déjà vérifié par des générations d'amoureux, recevrait de plus la confirmation de la communauté scientifique.
Ce sont pourtant des chercheurs de l'université de Melbourne en Australie qui l'affirmaient à leur tour, il y a quelques années : le coeur ne se contente pas d'être contrôlé par le cerveau, il est aussi capable d'engendrer ses propres " pensées ". Résumant leurs travaux, le professeur Hirst, physiologiste, expliquait ainsi que les cellules nerveuses du coeur peuvent agir indépendamment du système nerveux central. Elles sont par exemple parfaitement capables de ralentir le rythme cardiaque sans en référer au cerveau.
Mais peut-on, pour autant parler de " pensées " ? Le professeur paraissait tout près de franchir le pas lorsqu'il affirmait : " Si ce mot signifie recevoir des informations sensorielles, décider de ce qu'il faut faire et agir, alors oui, le coeur possède des cellules qui reçoivent et utilisent des informations pour modifier son propre fonctionnement ".
Inutile de vous préciser, cependant que l'emploi du terme " penser " en pareil domaine ne faisait pas l'unanimité.
Plusieurs neurologues de renom ont rappelé avec indignation que " le seul siège de la conscience, c'est le cortex cérébral ".
Car on aimerait bien pouvoir prendre à la lettre certaines expressions et croire, par exemple, quelqu'un qui vous assure que son geste vient tout droit du coeur !
Mais on ne saurait reprocher aux neurologues de n'être pas forcément poètes...