Certainement que vous connaissez la jolie chanson Cadeau par Marie Laforêt qui sur une liste énumère un peu de choses subies, pour un petit garçon refusant de rendre un service.
Un jour il m'est arrivé de prendre un crayon et d'aligner les tâches exécutées le long d'une journée dans les années soixante et des poussières.
Suite à une réflexion d'un de mes enfants adolescent lors de ce récapitulatif qui souriant m'avait simplement dit :
_ " Maman toi tu ne travailles plus depuis longtemps et avant d'être sept à la maison tu ne t'ennuyais pas ? "
_ " Attends et écoute mon petit gaillard avant d'avoir le confort de maintenant ( année 1988 à peu près ) tu sais je ne prenais pas le temps de voir passer ce temps, puis comme il est l'heure de l'école va vite et je vais t'écrire le résumé d'une journée que tu pourras lire ce soir, d'accord, allez bisous "
A peine qu'il fut parti j'ai pris une grande feuille me suis assise et réfléchissant je ne pouvais imaginer au fur et à mesure que ma main écrivait que j'avais vécu ces moments ! "
Dans les années 1963 à 1967 nous vivions à cinq dans trois pièces dont une seule en bas servant de cuisine et salle à manger, bref la pièce à vivre arrangée d'une façon pratique avec même un paravent cachant la porte d'entrée donnant directement sur la rue où les passants pouvaient voir sinon à l'intérieur.
Nous étions cinq, mon mari, trois enfants eus sur trente six mois et moi la blogueuse.
Je vous assure que c'est plus difficile de tenir une petite maison en ordre qu'une maison très spacieuse, car chaque chose doit être minutieusement rangée, et comme nous avions la cuisinière à charbon le chiffon à épousseter était souvent de service, ainsi que la wassingue pour laver le sol carrelé.
_ Quatre heures trente du matin levée la première afin de faire ma toilette dans la pièce du bas avant de donner le biberon à la petite dernière, de dépendre le linge mis à sècher la nuit pour ne pas encombrer et faire moche dans la journée.
Réveil des deux autres enfants, petit déjeuner, toilette des trois enfants, il est huit heures trente, départ pour faire quelques courses, le bébé dans le landau, le petit garçon et la petite fille de chaque côté tenant l'anse de cette voiture d'enfant.
Retour pour préparer le repas du midi en activant la cuisinière.
Arrivée du mari pour manger, juste quand les petits font la sieste pendant une heure à une heure trente.
Vaisselle sitôt le repas fini, je me dépèche de repasser un peu de linge, et de souffler cinq minutes pour boire le café.
Les enfants levés, les faire prendre leur goûter et je pars les promener au parc ou dans la rue jusque chez ma maman ravie de nous voir.
Puis vers seize heures reprendre la route, traverser la ville pour recommencer le repas et occupation de quelques jeux avec les petits avant de la toilette, le souper et de les coucher vers dix neuf heures trente.
Sauf le bébé resté en bas à qui le biberon doit être encore donné vers les vingt et une heures.
Le haut de cette maison avait deux petites pièces aménagées en chambres d'une façon côquette afin de rendre moins visible la petitesse, mais il faut de l'imagination, une patience et savoir arranger avec peu de moyens je l'avoue c'est un fait.
Ah le soir arrivant, le calme règnait !
Non pas de télévision, je rangeais et lavais le sol, préparais les habits du lendemain et mon passe-temps était le tricot faisant l'habillement des miens de la layette jusqu'aux pulls etc...
Mais ce passe-temps venait après que j'avais fini la lessive à la main du linge ayant bouilli dans une grande lessiveuse, et que j'étendais pour qu'il sèche la nuit.
La nuit qui commençait pour moi souvent vers minuit heure où je tombais de sommeil après une journée bien remplie.
Non je n'étais pas Cosette, mais une femme parmi d'autres identiques ayant une famille à gérer et aimer.
Je ne savais pas que plus tard d'autres enfants viendraient agrandir celle-ci, et que d'autres péripéties multiples m'attendaient...sans regrets.
Sur cette grande feuille où les mots couraient j'ai passé des détails pour ne pas attrister, puis je ne l'ai pas donnée à lire à mon gamin, car ce n'était pas mon rôle de maman que j'aurais accompli là mais plutôt celui de femme malheureuse aurait-il pensé, ce qui ne l'était pas, car c'était la vie de ces années soixante et plus, où ce n'était facile pour beaucoup de familles.